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Souhaitez vous voyager dans le temps? Revoir la Place Nationale de Montauban autrement, dans une ambiance tendre et nostalgique? Ce que propose ce jeune volontaire du service civique d’Unis-Cité en nous dévoilant son œuvre.

Écoutons-le.

 

Accoudée à l’une des tables en bobine d’un bar, je regarde les passants fouler les pavés de la Place Nationale. Je regarde ce couple qui promène une poussette, cette dame au foulard rosâtre ou encore, cet homme qui boit un café seul. Je regarde ces gens, et je regarde les bâtiments derrière eux. Je m’émerveille devant cette architecture en brique rouge, symbole de notre si beau coin de France. Je ne peux m’empêcher de m’imaginer la vie des gens qui habitaient ici, à l’époque de la Renaissance. Je les vois, animant chacun des couverts de la place. Je vois ce vieillard acheter du tissu verdâtre au couvert sud, deux petits garçons en plein jeu de course, cette jeune femme à la peau blanchâtre et aux cheveux vénitiens. Elle possède une boutique, juste à côté du pilori. J’essaye d’imaginer son prénom. Marie ? Anne ? Marie-Anne peut être ?

Elle est si jolie. Ses yeux sont d’une infinie pureté. D’un pas lent et doux, elle traverse la place, et se dirige vers moi. Elle me frôle, bouscule mon âme de sa beauté fragile, et vint enlacer un vieil homme qu’elle appelle : « père ». Il lui offre un bout de tissu vert. Elle semble si ravie. Ses yeux cristallins se tournent vers la place, distraits par les cris d’un marchand, mécontent de l’agitation créée par deux enfants.

Un bruit de klaxon me fait sursauter. Me revoilà en 2019.

Je me demande si les Montalbanais imaginent ce genre de choses, eux aussi. Est-ce qu’ils voient comme moi, les traces du passé ? La Place Nationale est une vieille dame, blessée plusieurs fois mais toujours en vie. Nous lui rendons hommage à chaque fois que nous marchons sur ses pavés, que nous regardons ses arches et admirons ses briques rouges.

J’ai souvent l’impression que les gens ne savent pas à quel point ce qu’ils ont sous leurs yeux est précieux. J’ai l’impression qu’ils oublient. J’aimerais que ce ne soit pas le cas.

A vous qui lisez ces mots, rendez vous à la Place Nationale, accoudez vous à l’une des tables en bobine de ce bar, et regardez les passants.

Peut être verrez-vous, vous aussi, cette Marie-Anne aux yeux de soie.

La plume

un volontaire du service civique Unis-Cité Montauban